Vous ne savez toujours pas vous servir de l’informatique ?

Technologie : Arrêtons de nous mentir : la jeune génération ne sait pas utiliser un ordinateur ni un smartphone. Plus nos technologies sont évoluées, moins les utilisateurs semblent vouloir les maîtriser.

Durant la trêve estivale, Associated Press nous a gratifié d’une révélation fracassante : Google géolocaliserait et suivrait ses utilisateurs même quand ces derniers ont désactivé la géolocalisation. Comme vous vous en doutez, cette annonce tonitruante a provoqué quelques rires sarcastiques de ma part.

Des dinosaures et des hommes

Ce n’est pas que je n’ai pas envie de vous parler cinéma pour ce premier billet de la saison 2018-2019 – d’autant que j’ai découvert quelques contenus intéressants – mais la rentrée scolaire m’incite plutôt à vous donner quelques devoirs.

Les dinosaures de mon espèce auront évidemment compris que cette chronique faisait référence à ce billet  traduit ici . Arrêtons de nous mentir : la jeune génération ne sait pas utiliser un ordinateur ni un smartphone. Elle sait utiliser les différents réseaux sociaux à la mode et éventuellement faire une recherche sur Google. Tout va dépendre de son environnement familial. Si l’enfant est issu d’une famille où la mère compile son noyau et que le père est capable de monter intégralement un ordinateur, a priori, on n’a pas de soucis à se faire sur l’autonomie technique du rejeton.

Mais la réalité est que les parents sont tout autant techniquement analphabètes que leurs enfants, ce qui ne laisse que l’école pour apprendre réellement à se servir d’un ordinateur. Ce qui m’inspire une réflexion très courte, très imaginée, mais que la décence m’empêche d’exprimer par écrit. Disons simplement que j’ai des angoisses. Les enfants n’apprennent pas l’informatique à l’école, ils apprennent Microsoft, ce qui revient à confier des cours de nutrition à Mac Donald’s ou leurs cours d’histoire, à Robert Faurisson.

Des évidences pas si évidentes

Histoire de ne pas leur faire oublier que l’une des fonctions primordiales de l’Éducation nationale est d’instiller un sentiment de culpabilité, on leur fait des cours sur les « dangers » des réseaux sociaux et sur la façon de distinguer une « fake news » d’une véritable information sérieuse. L’institution reproduit donc avec l’informatique la même erreur qu’avec d’autres matières : partir du postulat que l’outil est problématique alors que ce sont les personnes qui utilisent l’outil qui sont le problème.

Personne ne reproche au forum 18-25 ans de JVC d’exister. On lui reproche d’être encore plus léger sur la modération des commentaires des utilisateurs que Yaël Braun-Pivet pendant l’affaire Benalla. Qu’il soit clair dans l’esprit du lecteur qu’on n’attend pas de lui qu’il soit capable de déployer un réseau Mesh , mais qu’il arrête de tomber à la renverse quand il apprend que son smartphone est un mouchard, que les informations qu’ils publient volontairement sur les réseaux sociaux sont publiques et que les objets connectés ne peuvent pas être sécurisés puisque, par principe, cela n’a jamais eu vocation à l’être.

Vous avez un smartphone parce que vous le voulez bien. Rien ne vous oblige à en avoir un. Vous êtes sur les réseaux sociaux parce que vous le voulez bien et vous avez volontairement décidé d’indiquer certaines informations. Ce qui me permet de conclure avec le psychodrame qui a agité Twitter pendant le mois d’août : l’affaire EU Disinfo Lab. Si vous avez eu la bonne idée d’observer les cigales, de savourer vos apéros, bref, tout simplement d’avoir une vie, vous êtes passé à côté d’un soap opera digne des plus grandes heures des Feux de l’Amour. En résumé, des gens qui ont volontairement indiqué leurs orientations politiques ont reproché à une entité d’avoir utilisé cette information, y compris un député européen, ce qui en dit long sur sa compréhension de la chose.

Rester le maître du jeu

Il a été rétorqué que ces informations publiques, touchant à des éléments personnels, ne pouvaient pas être incorporées dans un fichier, sans consentement. Sur ce point, la CNIL va arbitrer. Mais l’analogie qui m’a le plus amusée a été celle consistant à mettre sur le même plan cette récolte de données et la collecte de visages par caméras de surveillance ou d’empreintes digitales.

Je me permettrais aimablement de rappeler qu’on ne peut pas changer d’empreintes digitales. On peut éventuellement se brûler les mains pour qu’elles ne soient plus lisibles. De la même manière, à moins de rejouer Volte/Face, on peut difficilement changer de visage. Par contre, vous pouvez fermer votre compte de réseau social à tout moment ou écrire « turlututu chapeau pointu » dans votre biographie et vous localiser dans les Caraïbes si cela vous chante.

Vous ne savez toujours pas vous servir de l’informatique parce que vous n’avez toujours pas compris que l’un des plus grands problèmes de ce domaine reste l’humain.
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